Phil Ricardson
À trente-neuf ans, Julien est au milieu de sa vie. Célibataire depuis quelques années, il cherche à rencontrer la « bonne personne ». Très exigeant envers lui-même, il l'est devenu également, avec le temps, envers les femmes qu'il rencontre. Désabusé par les rencontres qui ne mènent nulle part, il finit par accepter de revoir ses critères à la baisse.
Il rencontre alors Élodie, au hasard des discussions sur des sites de rencontre. Noyé dans ses pensées de surdoué hyperactif, il passe chaque détail de sa rencontre, et de sa vie de couple, à la moulinette intellectuelle. Que fait-elle ? A-t-elle de l'humour ? Quel est son passé ? Autant de questions qui l'assaillent — un système défensif efficace face aux désagréments d'une hypersensibilité tenace.
Ce matin, j'ai le moral en berne. Le temps est maussade. Ça fait un mois que je suis avec Élodie, mais, de mon côté, je sais que le couple s'éteint. Niveau boulot, je ne vois pas le bout du tunnel. Comme d'habitude, je me lève et je bouscule le chat puisqu'il n'y a personne à côté, et je démarre la journée mécaniquement, machinalement.
Quand je me sens mal, il m'arrive parfois de ressortir ce vieux courrier usé par les années, précieux et dernier cadeau de mon grand-père à l'article de la mort. Ce bout de papier sur lequel il a écrit ces mots qui m'attristent et me motivent en même temps.
« Une musique… une émotion… des souvenirs, nostalgie du temps passé, des années qui passent, du temps qui détruit nos corps, mais emplit nos âmes de sages pensées. […] Mais mon garçon, toi tu es jeune, et sache que, même dans les moments les plus sombres, reste positif : il y a toujours de l'espoir. »
Ma grand-mère m'avait dit, en me le donnant, que le plus beau cadeau qu'on pouvait m'offrir, c'était l'espoir.
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