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Inconditionnel part 2

13 septembre 2018

Voilà, un nouveau projet de livre déjà bien avancé. En attendant de le terminer, en voici quelques lignes.

Chapitre 1

— Papy Sophien ! Regarde ce que j’ai trouvé !

Timothée, assis en tailleur, regardait son grand-père avec la mine émerveillée d’un enfant de dix ans qui vient de faire une découverte extraordinaire. Le garçon tenait un livre à la main et montrait fièrement sa trouvaille.

— Qu’as-tu trouvé, mon cœur ? répondit Sophien le nez plongé dans le bric-à-brac d’un carton poussiéreux.

— J’ai trouvé un livre tout neuf avec son emballage !

Sophien leva la tête vers le garçon et grimaça.

— Où as-tu trouvé ça ?

— Là, dans la boîte, fit le petit garçon en pointant du doigt une vieille malle en bois rangée près sous la plus éloignée des deux lucarnes.

Timothée et son grand-père s’attelaient, depuis deux bonnes heures, à vider le grenier encombré de la vieille demeure familiale.

— Je peux le garder papy ?

— Il te sera inutile mon grand. Je t’achèterai un livre tout neuf dès demain si tu veux.

— Mais, je ne veux pas d’un autre livre, je veux celui-là.

Un bruit de talons résonna dans l’escalier en bois qui menait au grenier.

— Tiens, ta mère est rentrée du boulot mon grand.

La tête d’Athéna apparut dans la lucarne servant de porte d’entrée à la mansarde. Athéna était une belle jeune trentenaire. Des yeux gris-bleus légèrement en amande, un visage fin et un teint légèrement halé.

— Qu’est-ce-que vous faites là vous deux ?

Timothée se retourna et sourit à sa mère qui terminait sa journée de travail.

— Coucou maman. J’aide papy à ranger ses « vieilleries » comme il dit. Regarde ce que j’ai trouvé.

Fier de sa trouvaille, il tendit le trésor en direction d’Athéna qui sourit en réponse à son fils. Le jeune Timothée ressemblait à sa mère. Les mêmes yeux, le même regard souriant. Seules ses deux fossettes trahissaient son père.

— Papy ne veux pas que je le garde. Je voudrais le lire.

— Papa, pourquoi ne veux-tu pas qu’il le lise ?

Sophien semblait gêné. Malgré ses soixante-sept ans et sa barbe grisonnante, on pouvait voir qu’il rougissait. Il remua la poussière sur un carton fermé à côté de lui et toussota.

— Ce n’est pas un livre pour son âge.

— Montre-moi ça, Timothée.

Le garçon se leva et donna le livre à sa mère qui l’ausculta.

Athéna fronça les sourcils.

« Inconditionnel, Phil Ricardson. 2006. Ce livre à vingt-sept ans et n’a jamais été ouvert. »

Elle lut la quatrième de couverture et regarda son père.

— Pourquoi ce livre m’est familier papa ?

— Tu l’as surement vu dans un carton quand tu étais petite, mon ange.

— Tu permets que je le lise ? Je jugerai si Timothée peut le lire. Pour une fois qu’il veut bien lire quelque chose d’autre que les blagues de Toto sur internet.

Athéna remarqua bien que son père n’était pas à l’aise.

— Trop tard papa, ton temps de réponse est écoulé, je vais le lire.

Athéna lança un large sourire à son père et disparut. Timothée, interloqué par ce qui venait de se passer, se tourna vers son grand-père.

— Papy, c’était mon livre !

Sophien rit de bon cœur.

— Mon grand, ta mère est incorrigible.

Tandis que les deux hommes de la maison continuaient leur rangement poussiéreux, Athéna était redescendue du grenier le livre à la main. Elle était intriguée par la réaction de son père.

— Papa, qu’est-ce-que tu me caches ? murmura-t-elle en regardant de nouveau la couverture cellophanée.

— Toi, je vais te lire et tu me livreras ton secret. Mais, avant ça, j’ai des choses à faire.

Athéna fit un détour par sa chambre, ouvrit la porte et lança négligemment le livre sur son lit défait avant de redescendre au rez-de-chaussée pour préparer le repas du soir.

Ricardsonnement vôtre.