Les Montluçonniales
2018 - Drame, histore vraie – interdit aux enfants de moins de 6 mois et aux femmes enceintes. Pegi 27. Peut contenir des traces d’arachides.
Samedi 22 septembre, 5h du matin.
Voilà 5 jours que j’ai quitté ma Fernande. Hier, la nuit et le froid ont eu raison de Lucien, mon vieux compagnon de route. Comment expliquer à Fernande que Lucien n’est plus ? Je me revois encore traire Fernande tandis qu’elle se fait taquiner par Lucien. Un sourire nostalgique se dessine alors sur mon visage fatigué, mais déterminé. Des mois que j’attends ce moment et je me dois de continuer. Mon objectif n’est plus qu’à 5h de marche vers le nord. J’adore marcher. Galopin le galopan, c’est le surnom que me donnait ma mère quand j’étais marmot.
Samedi midi, 12h50. La douceur du soleil me caresse gentiment le croupion. Je prends une grande inspiration et pénètre dans l’enceinte d’Athanor. Un rai de lumière traversant les vitraux semble me guider vers la salle dans laquelle je dois me rendre. Tout semblait idéal jusqu’au moment où, sur ma droite, une jeune femme (environ 29 ans) vienne croiser ma route. Je lui lançais alors un sourire tandis qu’elle me gratifiait d’un « salut pauv’ naze » avec un fort accent Cosnois.
« Bonjour Magali » lui dis-je gentiment en accompagnant sa marche rapide. Elle me répondit par un croche-patte bien placé qui me fit m’étaler de tout mon long sur le sol carrelé. C’était bien entendu mérité ; autant de familiarité de ma part ne se fait pas.
Je pénètre la salle timidement faisant maintenant face à une véritable ruche d’auteurs. Ça s’agite, ça rigole. Une joie m’étreint : « j’y suis… »
Je jette un coup d’œil rapide et reconnait des visages familiers : Christine, Brigitte, Philippe avant de me présenter timidement aux nouveaux : Mélanie, Maïté, Agnès, Corinne et Alick. Je me sens bien jusqu’à ce que la dénommée Magali, jalouse de mon talent, fasse tomber tous mes livres sur le sol. Qu’importe, rien ne pourra assombrir cette journée. Je remets tout en place et m’installe jusqu’au soir.
Samedi soir, 19h. Quelques auteurs et moi-même se rejoignons dans un restaurant au nom exotique. N’ayant rien mangé depuis trois jours, j’engloutis quelques assiettes de plats préparés tout en m’amusant des anecdotes et blagues de mes compagnons de table.
Rassasié, nous quittons l’établissement pour rejoindre nos pénates chacun de notre côté. Je croise alors fortuitement Alick qui s’en allait, guilleret, rejoindre son logement. Après quelques échanges intéressants sur des sujets divers et variés et des bâillements incessants de sa part me signifiant qu’il fallait partir, je le laissais à Morphée. N’ayant pas d’endroit où dormir, je m’apprêtais à m’allonger sur le trottoir quand le gardien de nuit de l’hôtel près duquel j’allais passer ma nuit me proposa de m’héberger au chaud.
Dimanche matin, 8h, je retrouve Magali pour un petit déjeuner en ville. Après m’avoir laisser payer le repas sous prétexte que le dimanche, à Cosne, ce sont les hommes qui sortent le portefeuille, nous marchons jusqu’au château avant de revenir, la tête emplie de souvenirs merveilleux, jusqu’au centre Athanor au sein duquel, pour retrouver nos compagnons ainsi que Solène et Roger.
Dimanche soir, 17h30, je dois partir. Accompagné par la douce voix de Magali me lançant un « bon débarras ! », je quitte la salle le cœur lourd, mais heureux.
Ricardsonnement vôtre.
