L'ivre d'amour — chapitre 11
Vous pensez que Bob s’en est sorti indemne du réveillon familial ? Eh bien, je ne voudrais pas vous miner le moral, mais vous risquez d’être déçus…
Nous voici projetés le surlendemain de la soirée. Bob émerge dans un lit inconnu avec un mal de tête carabiné. Paralysé par une atroce douleur venant du fondement de son anatomie, il tente de se souvenir ce qu’il fait là. Les souvenirs de la fin de soirée sont flous, voire absents.
Soudainement, un ronflement, digne des pires films d’horreur et provenant de sa droite le fait sursauter. Un mauvais pressentiment l’envahit. La question qu’il se pose alors, c’est qui était là ? Il inspire profondément et tourne la tête. Son cœur rate un battement, voire deux ou trois. Ses pires craintes se sont matérialisées, Kelly, totalement nue, gît de ton son long à ses côtés. Un long filet de bave attache le coin de sa lèvre supérieure à un oreiller. Il panique. Son instinct lui dicte alors de s’enfuir, mais son corps a du mal à répondre à ses sollicitations. Tout son corps ? non, droit comme un I, son sexe est, lui, au garde-à-vous. Que s’est-il passé ?
(Effets spéciaux) Flashback comme dans les films ! :
Revenons quelques jours en arrière et focalisons-nous sur le moment où Bob se sentit piégé par Kelly qui se rapprochait dangereusement (cf chapitre 10). Ce que vous ne savez pas encore, c’est qu’avec l’entrée fracassante des forces de l’ordre, tata était tombée à la renverse, entraînant, malgré lui, ce pauvre Bob au plus proche d’une Kelly enthousiaste qu’un homme soit aussi entreprenant envers elle dans un pareil moment. Prenant ce geste pour une déclaration d’amour, elle s’était décidée à mettre cet homme banal, mais gentil, mais banal, dans son lit. Malheureusement, une fois la situation sous contrôle des forces de l’ordre, elle sentit que son nouveau prince charmant prenait ses distances.
« C’est un grand timide. Tu penses que je devrais prendre les devants ? » avait-elle demandé à Lili qui avait acquiescé sans l’écouter. Rassurée, elle avait donc pris les choses en main, aidé d’un cocktail explosif mariant GHB, ecstasy et viagra (cadeaux de tonton René), dilués dans un grand verre de whiskey. Ce breuvage qu’elle tendit à Bob allait, lui avait-elle dit, l’aider à atténuer les désagréments des gaz lacrymogènes.
Ce qu’il se passa après, Bob ne s’en souvient pas. Mais, comme vous m’êtes sympathiques et que vous allez me faire un don conséquent lors de mon prochain anniversaire, je vais vous raconter ce qu’il se passa réellement ce soir de janvier. Une date que Bob n’oubliera pas de sitôt. Lorsque Bob se mit à entendre les molécules d’air lui raconter des blagues salaces, Kelly estima que Bob était mûr pour la suite du plan.
Elle avala elle-même une pilule d’ecstasy et siffla le (grand) verre de gniole que mémé n’avait pas encore entamé, puis entraîna la malheureuse victime hors de la salle.
Bras dessus, bras dessous, ils pénétrèrent un club libertin tenu par un ami de Kelly. Bob, se prenant pour Cendrillon imaginait que, ce soir, son prince viendrait le délivrer sur son beau destrier.
Mais ce que n’avait pas prévu Cendrillon, c’est que son fondement serait marqué à tout jamais : le prince et l’étalon ne faisaient qu’un.
Une bouteille de rhum plus tard, Bob quittait le monde imaginaire de Cendrillon pour basculer dans un remake de tarzan, avec Kelly en guest.
Fin des effets spéciaux. Travelling et fondu enchaîné sur Bob, qui tente de se lever.
Encore groggy, les jambes flageolantes, il pénètre dans le salon. La stupeur le fige momentanément, car c’est à ce moment précis que, dans sa tête encore embrumée, toute la scène prend son ampleur. Le sol, jonché de cadavres de bouteilles d’alcool, côtoient d’étranges objets que Bob n’a jamais vu auparavant. A gauche, assis sur un fauteuil, un homme en tenue de cuir noir, un harnais dans la bouche, un fouet dans la main, le regarde amoureusement. Bob déglutit et tourne la tête. Derrière le canapé, un homme s’affaire avec une femme d’un âge avancé. Bob tourne de l’œil, lorsqu’au détour d’un énième cadavre, il reconnait tonton René, nu, dans les bras d’Alfred, grimé d’un costume de clown.
Il se relève quelques minutes plus tard, nauséeux et se met à la recherche des toilettes. En ouvrant une porte au hasard, il fit face à Patrick, dansant le french cancan dans la tenue du crazy horse, appartenant sans nul doute à la femme tenant un fouet derrière lui.
Il doit partir, mais ne sait pas où sont rangés ses habits. Tant pis, il ramasse à la hâte quelques vêtements disparates éparpillés dans l’appartement. Malgré la douleur tenace, il enfile chaussettes dépareillées, caleçon Mickey, chemise Hawaïenne et pantalon de tweed vert qu’il ne parvient pas à boutonner. Toujours au garde à vous, il ne parvient pas à boutonner son pantalon. « Tant pis, je vais rentrer directement me changer, » se dit-il sans savoir qu’il est à plus de deux cents kilomètres de son appartement.
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Ricardsonnement vôtre
