L'ivre d'amour — chapitre 3
Vous en vouliez encore ? Eh bien, bibi l’a fait ! Ma bonté me perdra…
Comment va Bob ?
Eh bien, ça ne va pas fort. Depuis son divorce d’avec Lili, Bob se sent un peu perdu. Il a beau rester positif, « le monde s’acharne contre moi » disait-il à qui voulait l’entendre.
« Vous êtes dans une phase négative ! je veux mes 50€, » lui avait alors avoué une voyante qu’il rencontra dans une fête foraine. L’odeur de vodka qui sortait de sa bouche n’avait pas rassuré Bob, mais elle semblait compétente.
« Vous avez perdu face à votre ex femme, mais ça aurait pu être pire. Vous me devez 2000€, » lui extorqua son avocat incompétent.
« Je vais faire revenir votre grand amour ! Ca va vous coûter 200€, mais bon, l’amour n’a pas de prix, » lui avait annoncé Gare-gamelle, le grand Marabout de Saint-Glinglin le Rotrou, en préparant une mixture digne des contes de fées.
« Quelle relation aviez-vous avec votre mère durant votre enfance ? Je veux vous voir deux fois par semaine pendant au moins un an. Ça vous fera 80€ pour aujourd’hui. » lui demanda le psychiatre que lui avait conseillé son avocat.
« Deux boîtes de Lexomil, 5 boites d’antidépresseur, 2 boites de somnifères. Ça vous fera 100€, » lui balança le pharmacien.
« Il faut la démonter ! vous en aurez pour 900€ au bas mot, » expliqua le garagiste après avoir trouvé que la panne venait de la boîte de vitesse.
« Vous avez dépassé le plafond autorisé, vous devez 150€ d’agios ce mois-ci.
« Tu ne m’as pas payé ma pension ce mois-ci ! » cracha Lili en le croisant dans la rue.
Les marchands de bonheur coûtent chers, se dit alors Bob en constatant le trou laissé dans son Livret A après le passage de la bourrasque Lili.
Une longue descente aux enfers se profila peu de temps après que Lili ait porté plainte pour coups et blessures. Bob avait beau se défendre, mais la police avait cru la version de Lili. En fait, Lili était tombée dans l’escalier après une soirée un peu trop arrosée. Bob était un salaud, il méritait ce qui lui arrivait.
Bob ne sait plus où il en est. « Tu es au fond du trou, » mon ami, lui dit alors Patrick. Heureusement que son ami et confident, Patrick, est là pour lui remonter le moral.
« Ecoute, Bob, en tant que meilleur ami, je dois te dire quelque chose. J’espère que tu ne le prendras pas mal. Lili et moi allons nous marier. Je voulais que tu sois mon témoin, mais Lili ne veut pas. En fait, elle ne veut pas de ta présence à son mariage. Elle m’a dit qu’elle ne voulait pas gâcher le plus beau jour de sa vie. Je suis désolé, mon ami, mais tu la connais, quand elle décide quelque chose, difficile de lui faire face. »
Bob comprend car Lili a du caractère. Il remercie Patrick d’avoir tenté de faire face à Lili pour le mariage et ouvre une bouteille de Champagne pour fêter l’évènement avec son dernier ami.
« Au fait, Lili m’a demandé de récupérer le chèque de pension. Merci, mon ami, » demande Patrick en vidant son verre.
Les mois passent et Bob se remet doucement de sa rupture. Suite à la plainte, le juge a ordonné une mesure d’éloignement et une amende conséquente, mais Bob se dit que son cauchemar est enfin terminé. Il ne veut plus entendre parler de Lili, ni de Patrick d’ailleurs. Seule la pension lui rappelle tous les mois que l’amour coûte cher.
Ça fait un an maintenant, il est temps pour Bob de passer à autre chose, de faire confiance en l’avenir. Il ouvre l’ordinateur et se connecte sur un nouveau site de rencontre. Après tout, pourquoi n’aurait-il pas droit à l’amour lui aussi ?
Bob s’inscrit et lit quelques profils jusqu’à ce qu’une fenêtre s’ouvre : « Pour continuer à utiliser notre site et rencontrer des femmes, vous devez vous abonner. Règlement de 50€ pour deux mois. »
Fatigué et à court d’argent, Bob referme son ordinateur.
Ricardsonnement vôtre.
