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L'ivre d'amour — chapitre 7

29 novembre 2018

L’autre matin, sans prévenir, le père de Lili, Jean-Claude, la cinquantaine bien tassée et bronzé de la tête aux pieds, a débarqué au bras d’une jeune trentenaire à peine moins bronzée que lui.

Profitant d’un rendez-vous important chez le notaire, il avait fait une halte chez sa fille pour annoncer une bonne nouvelle.

« Ma Lili chérie, je te présente Laetitia, ma future femme. On va rester ici deux trois jours. Ensuite, on part pour Las Vegas. »

Jean-Claude est agent de voyages depuis 20 ans. Toujours en vadrouilles aux quatre coins du monde, il vient d’être promu directeur d’agence en Guadeloupe. Mais, chaque chose en son temps, il vient d’arriver et compte bien profiter un peu de sa fille et de son petit-fils.

C’est à ce moment qu’un homme pénétra bruyamment dans l’appartement.

« Ah ! Papounet, je te présente José. José, mon papa et machin, sa poupée gonflable. Ils vont rester quelques jours. »

José grimaça. Dans quoi s’était-il embarqué ? Se taper les pleurs de bébés, à la limite, mais faire la conversation avec son beau-père pendant quelques jours, c’était au-dessus de ses forces.

« Mon doudou, où c’est que je pose mon gros sac ? » interrompit, d’une voix fluette et très agaçante, la blonde platine.

« Ta grognasse sait parler ? » cracha Lili, un peu jalouse de cette bimbo siliconée.

Jean-Claude se prit d’un éclat de rire aussi discret que son énorme chevalière en argent fixée à son auriculaire.

« Pose ça dans la pièce à côté, mon petit oiseau des îles. » répondit tendrement Jean-Claude en pointant la chambre.

Le sourire jusqu’aux oreilles, la jeune femme, du haut de ses talons de 10cm, passa la porte, accompagnée de sa valise.

« Oh ! Un bébé ! hurla-t-elle depuis la chambre. Oh ! qu’il est mignon, il ressemble à sa mère ! » continua la blonde platine, accompagnée par les pleurs de l’enfant, réveillé en sursaut.

Lili rageait. Elle venait de passer 3h à tenter de l’endormir et voilà que l’autre débarquait avec son mètre quatre-vingt, son 90C et ses gros sabots.

« Ah oui, je l’avais oublié celui-là ! félicitations, ma princesse, se réjouit Jean-Claude. La prochaine fois, je lui ramènerai un truc de mon voyage. »

« Du coup, je crois qu’on va vous laisser. Tu sais, moi et les bébés… »

Lili fait la moue. Son papounet va encore partir. José quand à lui, soufflait dans son coin.

« En tout cas, bon courage pour les années à venir ! » lança Laëtitia en haussant les sourcils.

« Ah ! vous avez des enfants ? » demanda José, loin d’être insensible aux charmes généreux de la nouvelle venue.

« Bah nan, mais doudou, il m’a dit qu’il savait comment en faire. Hein doudou ? »

« Oui, oui, on en fera plein, » souffla Jean-Claude.

Laetitia, satisfaite, souleva sa valise et prit la direction de la sortie en sautillant accompagné de son fringuant futur époux.

Lili referme la porte. Elle est triste, mais comme José est là, elle va pouvoir passer la soirée à répandre sa colère et sa frustration sur lui.

Finalement, après l’avoir nourri, elle couche son bébé, expulse José de son appartement (le salaud a osé lui dire qu’elle était folle), avale un anxiolytique et un somnifère avant de se sombrer.

Pour Lili, la vie est plus simple avec des médicaments.

Ricardsonnement vôtre